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Interview d’Hélène GONTIER

lundi 20 octobre 2008, par Nicolas LE MENN


Nous rencontrons Hélène GONTIER jeudi 10 juillet 2008 place de la Contrescarpe à Paris. Hélène est présidente de l’association indépendante des parents d’élèves du lycée Henri IV (l’AI). Cette association, indépendante politiquement, est spécifique au lycée Henri IV. Sa principale mission est d’accompagner les parents d’élèves et de transmettre l’expérience accumulée par les équipes précédentes.

En reprenant les mots de Patrice CORRE, proviseur du Lycée Henri IV, Hélène GONTIER affirme que dans ce lycée « les enfants ont un projet d’étude ambitieux ». Les parents craignent que leur enfant soit obligé de quitter ce lycée, qu’il échoue ou qu’il s’isole. Pour les aider, l’association organise des rencontres afin que les parents partagent leurs expériences ; elle leur assure un accompagnement par téléphone ainsi que des permanences mais elle rencontre rarement les enfants car ils ont peu de temps libre.

L’autocensure, l’isolement sont les freins ; l’internat une solution.

L’un des principaux problèmes auxquels doit faire face l’AI est l’isolement des enfants et le « désaroi » des parents qui ne connaissent pas le système. L’une des solutions réside dans l’internat. Il permet aux jeunes d’être soutenus et leur offre un confort matériel propice à leur réussite. Cependant, si les jeunes sont satisfaits de l’ambiance et de l’entre-aide propres à cette structure, la convivialité peut leur faire perdre de précieuses heures de travail s’ils ne sont pas encadrés. Il existe de nombreuses carences dans les internats publics : pour tous les jeunes n’ayant pas de correspondant en France, les petites vacances deviennent un réel problème. En effet les portes sont fermées et il est souvent difficile de trouver un logement temporaire. De même, la fermeture des lycées pendant les oraux de concours (s’ils tombent en période de vacances) ou l’absence de petits déjeuners très matinaux avant les épreuves pose des problèmes aux jeunes. L’AI aide les familles et leur apporte un soutien logistique pendant les concours et les grèves, mais elle n’a pas les ressources nécessaires pour les accompagner au cours de l’année scolaire.

L’internat, une structure perfectible.

L’internat est une solution mais il est difficile d’obtenir une place. Il n’existe pas de « règle » pour l’attribution des places même si les critères sont l’excellence, l’éloignement et les critères sociaux. « S’ils [les critères] sont nécessaires, ils ne sont pas suffisants ». Les proviseurs essaient de résoudre cette carence de lits par des partenariats de gré à gré comme celui passé récemment par M.CORRE avec un foyer de jeunes filles. L’AI peut aider ponctuellement comme elle va le faire pour l’accueil des étudiants allemands dans le cadre de la présidence française de l’UE. Mais l’internationalisation des grandes écoles et des prépas est limitée par la capacité d’accueil de ces dernières.

L’accompagnement, clés du succès

Si les problèmes matériels sont un frein à la réussite des étudiants en classe préparatoire, le suivi parental est un facteur de succès. L’AI a constaté que les parents (surtout dans ce lycée) s’investissent dans les études de leurs enfants. Le plus souvent ils assurent l’intendance et subissent l’humeur de leur enfant qui reporte sa pression sur le cercle familial : « je suis en prépas alors… ». L’engagement des parents dans ce type d’études est primordial, malheureusement l’association ne peut pas aller vers tous les parents ; elle aide ceux qui ont une démarche volontaire. Faute de moyens de nombreux parents ne sont donc ni informés, ni rassurés sur l’avenir de leur progéniture. L’investissement est aussi très important pour les parents eux-mêmes ; ils se projettent dans l’avenir de leur enfant, sans compter le fait que nombre d’entre eux ont également fait une classe préparatoire. L’effet d’expérience et la référence au modèle parental sont à mettre en valeur : l’AI va donc proposer pour la rentrée 2008 à ses adhérents d’indiquer leur profession. Cela permettra à l’association de mieux exploiter le potentiel de ses équipes de parents volontaires. Cet engagement de l’un ou des deux parents redonne confiance aux enfants. Il les empêche de se décourager ; il leur apporte aussi un réseau, celui des parents et de leurs amis, ce qui est primordial. Avec la mondialisation des études, l’importance des stages est aujourd’hui comparable à celle des diplômes, l’engagement des parents dans les études de leurs enfants l’une des clés de leur réussite.

Un conseil : rencontrer les autres parents

Par son travail l’AI d’Henri IV lutte contre les freins qui persistent pour l’accès aux classes préparatoires. En effet, l’association a constaté :
- un phénomène d’autocensure,
- des handicaps financiers,
- des inégalités territoriales d’accès aux classes prépas.

Hélène GONTIER recommande à tous les parents d’intégrer une association de parents d’élèves pour confronter leur situation et bénéficier de l’expérience de ceux qui ont vécu cette période avant eux. Les classes préparatoires sont donc une excellente formation, mais elle mobilise l’ensemble de la cellule familiale.


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